L'île des Esclaves - Scène 3

Plan d'étude

Axes de lecture

Une scène de théâtre dans le théâtre.
Le portrait satirique d'une coquette.

I. Une scène de théâtre dans le théâtre

A. la distribution des rôles : les rapports de force

1. le rôle de Trivelin : il mène la scène

1ère réplique : lance le portrait  en proposant un axe.
2ème réplique : relance le portrait par une nouvelle question ;  demande des exemples précis ("détaillons", "par exemple...")
3ème réplique : affirme son autorité sur Euphrosine
4ème et 5ème répliques : ses commentaires encouragent Cléanthis à poursuivre.

2. Cléanthis / Euphrosine

Cléanthis = le "juge" : prises de paroles les plus longues. 
Euphrosine = la victime. Manifeste son irritation ; à la fin, égarement total.

B. Un portrait en action, vivant

1ère tirade

Simple reprise des propos de Trivelin. Confirme la justesse des qualificatifs dépréciatifs utilisés par Trivelin

2ème tirade

Reprise de la question de Trivelin : "En quoi" : embarras dû à la richesse des éléments observés (anaphore de "tant").
A partir de "Madame", le discours s'anime. Nombreuses tournures présentatives ("c'est", "voilà"). Variations autour des trois qualificatifs proposés par Trivelin (cf. relevé lexical).

3. La mise en scène de la vie d'Euphrosine : une succession de situations que Cléanthis va jouer

le lever de la coquette
la coquette après une mauvaise nuit
la visite impromptue

4. Les procédés

actualisation de la scène : le présent
imitation du discours de la coquette : style indirect libre, style direct. Mise en scène de dialogues entre Euphrosine et sa servante, entre Euphrosine et sa visiteuse.
jeu théâtral : Cléanthis maîtrise de mieux en mieux son rôle : intonations, gestes, mimiques.

II. Le portrait satirique d'une coquette

A. Le nom du personnage

Euphrosine : nom d'une des 3 Grâces. Le nom traduit la vanité du personnage qu veut rivaliser avec les déesses de la Beauté.

B. "Vaine, minaudière, coquette"

Définir les termes. 
Repérer les champs lexicaux correspondant à ces qualificatifs dans le texte.

C. Un être superficiel, narcissique

Un personnage qui a le culte de l'apparence, qui est prisonnier de l'image qu'il veut donner aux autres, en constante représentation : importance du verbe "voir", du miroir. (à étudier plus particulièrement, les deux dernières tirades de Cléanthis).

D. Le rôle de Cléanthis : révéler la réalité qui se cache derrière le masque

L'esclave n'est pas dupe et connaît les coulisses du spectacle : "nous sommes doués contre nos maîtres d'une pénétration". 

Cléanthis sait "décoder" le langage de la coquette ("Et cela veut dire"), elle perçoit le décalage entre le discours et son sens implicite.

Conclusion

Le théâtre dans le théâtre : le jeu de Cléanthis, le portrait qu'elle fait d'Euphrosine joue comme un miroir révélateur des défauts de la maîtresse. (A l'inverse du miroir dans lequel Euphrosine se plaît à se contempler). La scène a une fonction cathartique.
La satire de la coquetterie : satire d'un monde du paraître.