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Travail d'écriture - Initiation au commentaire

On partit.
La voiture avançait lentement, lentement, à tout petits pas. Les roues s'enfonçaient dans la neige ; le coffre entier geignait avec des craquements sourds ; les bêtes glissaient, soufflaient, fumaient et le fouet gigantesque du cocher claquait sans repos, voltigeait de tous les côtés, se nouant et se déroulant comme un serpent mince, et cinglant brusquement quelque croupe rebondie qui se tendait alors sous un effort plus violent.
Mais le jour imperceptiblement grandissait. Ces flocons légers qu'un voyageur, Rouennais pur sang, avait comparés à une pluie de coton, ne tombaient plus. Une lueur sale filtrait à travers de gros nuages obscurs et lourds qui rendaient plus éclatante la blancheur de la campagne où apparaissaient tantôt une ligne de grands arbres vêtus de givre, tantôt une chaumière avec un capuchon de neige.

Rédigez un paragraphe de commentaire (au choix) en fonction des deux axes de lecture définis : 

  1. la description de la progression de la diligence

  2. la description d'un paysage normand enneigé

Exemple de rédaction

  1. Le premier paragraphe évoque la difficile progression de la diligence. La valeur durative de l'imparfait "avançait", le groupe ternaire "lentement, lentement, à tout petits pas", et la répétition de l'adverbe "lentement" associée à l'assonance en [ã] traduisent la très lente progression de la voiture.
    Les notations sonores et visuelles soulignent également la difficulté de la marche. La diligence est mise à rude épreuve puisqu'elle "geignait avec des craquements sourds". L'emploi métaphorique du verbe geindre assimile la diligence à une personne qui gémit sous l'effort. Les chevaux également souffrent comme le montre la succession des verbes "glissaient, soufflaient, fumaient"; le rythme ternaire et le jeu d'allitérations en [s] et en [f] soulignent la peine et l'essoufflement des bêtes.
    Pour les aiguillonner, le cocher manie son fouet, comparé à "un serpent mince". La comparaison évoque à la fois le mouvement ("voltigeait", "se nouant et se déroulant") et l'effet sonore ("claquait", "cinglant").

 

  1. Le deuxième paragraphe présente le tableau d'un paysage enneigé. La monotonie de la vaste étendue de la campagne normande n'est rompue que par les lignes verticales dessinées par "une ligne de grands arbres" ou "une chaumière" isolée.
    La comparaison des flocons de neige avec "une pluie de coton" suggère à la fois la légèreté, la blancheur et la douceur et mêle les sensations visuelles et tactiles. Elle est également empreinte d'une certaine couleur locale puisqu'elle est le fait d'un "voyageur, Rouennais pur sang" ; on pense à M. Carré Lamadon, "posé dans les cotons, propriétaire de trois filatures".
    Les couleurs dominantes sont très contrastées : l'obscurité du ciel encombré de "gros nuages obscurs et lourds" s'oppose à "la blancheur de la campagne" ; l'atmosphère ainsi créée a quelque chose d'oppressant.
    L'espace parcouru par la diligence, traduit par le rythme binaire "tantôt...tantôt" est humanisé grâce aux métaphores vestimentaires : "les grands arbres vêtus de givre", "une chaumière avec un capuchon de neige", mais revêt un caractère immobile, figé.