Zola, L'Assommoir

Chapitre 7 - "la grande bouffe"

Plan d'étude

Axes de lecture

Le récit d'une fête mémorable selon des points de vue variés

Le récit naturaliste d'une scène de ripaille

Sa fonction symbolique

I. Le jeu des points de vue

A. un discours collectif et rétrospectif : le récit d'une fête mémorable

Qui parle dans la première phrase du passage ? Un locuteur indéterminé, une voix collective, celle de la "société", du groupe de ceux qui ont participé à la fête et qui en gardent un bon souvenir.

Reprise de la même voix collective à la fin (à partir de "Ah nom de Dieu ! oui, on s'en flanqua une bosse !..") : présence du "on" qui représente un locuteur anonyme qui raconte un souvenir mémorable ; tournure exclamative, juron, question oratoire.

B. Le discours d'un tiers sur le groupe

Qui parle dans les deux dernières phrases ? (à partir de "Ils pétaient dans leur peau..."). L'utilisation du "ils" montre que le groupe des invités devient objet du discours. La focalisation se déplace : une tierce personne observe les convives avec un regard mêlé d'envie et de désapprobation. Qui est ce "ils" ? les gens du quartier ?

C. Les points de vue particuliers

Gervaise : vision du narrateur : sa gourmandise

Goujet : s'attendrit à voir la bonté de Gervaise à l'égard du père Bru. 

Les Lorilleux

Les dames

Virginie

Coupeau : registre de langue familier. Nombreuses marques d'oralité : jurons, questions oratoires...

Clémence.

II. Zola observateur d'une fête populaire : une scène de ripaille

A. L'importance de la nourriture

Étude du champ lexical : la quantité, l'excès ;

des corps déformés par la nourriture

B. L'animalisation des personnages

Les noms propres : Lerat, Putois, Poisson ;

les comparaisons et métaphores animales

III. La fonction symbolique du récit

A. Le texte est structuré par les références à l'oie

La progression narrative : l'énumération des morceaux de l'oie permet de passer d'un convive à l'autre. 

B. Les morceaux choisis

Les morceaux favoris, la façon dont ils les mangent révèlent la nature profonde des personnages.

Gervaise : sa gourmandise révèle l'étendue de ses frustrations affectives : manger est pour elle une compensation face à la brutalité grandissante de Coupeau.

Goujet : l'amoureux chaste qui imite Gervaise et partage le repas avec elle comme un substitut à leur amour impossible.

Le père Bru : il mange n'importe quoi ; il subit la nourriture comme les événements de la vie ; sa passivité.

Les Lorilleux : jaloux, envieux ; ils mangent le rôti (ce qu'il y a de plus desséché). Pour eux : manger le repas = dévorer Gervaise et la ruiner.

Les "dames" : elles décortiquent la carcasse, "grattent les os" : attitudes symboliques de leur curiosité, de leur tendance au commérage.

Maman Coupeau : "arrache" la viande : avidité de la vieille femme.

Virginie : elle mange la "peau" et Coupeau lui sert un "haut de cuisse". Personnage porté sur la cuisse ! Allusion à l'appétit amoureux du personnage.

Coupeau : sa manière de manger souligne le caractère impétueux de ses désirs

Clémence : son goût pour le croupion souligne sa vulgarité.

Conclusion

Un texte naturaliste. Zola observateur et expérimentateur : il met en scène des personnages dans une situation précise et observe leur comportement : ce qu'ils mangent, la manière dont ils mangent révèle leurs désirs, leurs sentiments.

Élargissement : la place de la nourriture dans le roman, sa valeur symbolique. Voir chapitre 3 (le repas de noce), et l'exemple inverse au chapitre 12 (la faim de Gervaise).